Le blog de l'infime et de l'universel

17 décembre 2015

Le poussin

  

Où vague l'automne qui s'achève, où l'eau qui monte dans l'atmosphère,

le feu qui bruisse sous l'écorce ?

 

Le Temps compose-t-il chaque chose ou bien est-il indépendant ?

Deux perspectives, deux points de vue dont le premier génère l'ennui et l'autre décide

l'infinité d'un être entier tel le Bouddha....

Car s'il n'est de continuité toute chose est neuve et inutile, toute vie s'invente à chaque

heure sans ne rien laisser que poussière !

Mais la poussière n'est elle l'atome le plus fécond de ce qui reste.... ?

Mais le germe n'est- il aussi que pourriture en devenir, souvenir de postérité ou bien

« futur décomposé ».Un temps pour naître aux ferments, un temps pour mourir de sécheresse.... !

 

Le poussin brisant sa coquille s'éveille à l'Esprit du Bouddha renonçant aux vaines images,

pour entrer plain pied dans la vie  intégralement, partout présent, d'un même degré d'avidité

le temps plein de son bref passage....

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05 août 2015

Les os mêlés

 

Parmi les tombes et les ossuaires et dans les souterrains des villes,

sous le sable des lointains déserts, parmi les alluvions des fleuves

courent des os dépareillés, blanchis par le temps, noircis par la lumière,

qui se croisent, se mêlent et chevauchent sans pudeur, sans voix ni conscience, sans fonction

présence ni futur...

 

… Que d'être la mémoire de nos guerres, de nos deuils et de nos souffrances,

que d'être la mémoire de la terre quand plus rien d'autre ne subsiste,

quand plus rien d'autre ne témoigne de ces foules, ces peuples et

ces mondes dont chacun – tel le vrai Bouddha – est l'image éveillée de ceux qui dorment

d'un profond sommeil comme des sables sous les eaux des mers.

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03 juillet 2015

Par la porte entrouverte

 

Ouverte aux vents d'outre-colère, d'outre-horizon et d'outre-nuit, la porte qui donne sur la mer

laisse entrer un flot d'infini festonné d'une écume amère.

Chargé d'étoiles et de varechs, plein de coquillages et d'oiseaux, il donne passage à un navire qui

s'échoue au pied de mon lit.

 

Il descend d'une passerelle une femme abritée d'une ombrelle suivie d'un enfant en vareuse et un homme

une pipe à la main. Puis viennent un lion en majesté suivi d'un ours mal léché tiré par un rayon de miel

que portent un dresseur et un nain.

Au sable de ma descente de lit chacun s'installe sur cette plage et le ciel de ma chambre s'emplit

de mouettes comme passent quelques nuages sous le chaud soleil de midi.

 

Mais le reflux de la marée, brusquement soulève mon lit qui sur une vague s'en va par la porte restée

entrouverte et m'emporte loin de ce rivage, parmi l'abîme de la nuit serré de prés d'un crustacé qui

s'est glissé sous l'oreiller.

 

 

 

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11 mai 2015

colère bleue

  

D'un vol obscur et clandestin, quand l'épaisse noirceur de la nuit dilue son encre dans les brouillards

d'un petit matin nauséeux, un appareil vint traverser le ciel de mon espace tout bleu où, encore noyé de sommeil,

j'observais les signes que les songes laissaient flotter devant mes yeux sous le loup soyeux des paupières...

Alors dans un éclaboussement tout devint pourpre en un instant. Plus de nuit ni de brume folle et

finit les images du rêve...

J'étais plongé parmi un temps de colère, de ruine et de sang qui ne s'achéverait c'est certain qu'avec l'oubli,

l'or et le rire de l'irascible divinité de l'astre d'un jour permanent.

 

 

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03 avril 2015

le signe obscur

 

 

Tel le flambeau porté par une main, dans l'obscurité de la nuit où fourmille les têtes d'épingles de feux oubliés et lointains, la flamme surgit d'un sombre nadir et vint explorer les confins où l'homme n'offre qu'un faible sourire aux êtres qui hantent son sommeil...

 

Des figures drapées de leur suaire ainsi que de pâles squelettes défilent en cortège et s'arrêtent laissant échapper un « bonsoir ! »...

Plus loin une vivante nuée d'oiseaux criards et animés des rouges les plus écarlates, des jaunes les plus solaires et des bleus les plus électriques semblent en suspension dans un globe qui se révèle être une cage...

Puis tournant autour d'une vasque d'eau claire, une ronde de femmes tantôt riantes ou graves, tantôt implorantes de leurs bras les cieux où passe une comète, tantôt tournées sur leur passé ou bien regardant devant elles l'avenir, qu'une vieille illustre de son pas lent et tourné cette fois vers la terre... Elles s'évanouissent dans les buées montant des eaux mortes que le froid, en pans diaphanes et légers, font surgir de l'obscurité.

 

Telle est la scène que ce flambeau, descendu là d'où il jaillit du ciel pour la première fois, explora à l'œil ébloui porté haut et clair par la main, le signe d'une sempiternelle fois mêlant abandon et colère.

 

 

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10 mars 2015

Pans de nuit

 

 

Ô confins des aubes nacrées surgis des abîmes funestes de la nuit glacée et muette... !

Vous portez cette vérité partagée entre le chaos des immensités du sommeil et l'épiphanie d'un soleil

qui monte lentement dans le ciel.

Quand l'astre qui se lève emporte dans les filets de ses rayons, les poissons aveugles des passions

pris au piège d'une course folle, comme des brouillards le matin, trompés par l'ascension du jour et

qui s'évaporent en de fins esprits ruisselants de lueurs...

 

L'ombre se réfugie dans les lacs, les forêts et les souterrains. Seuls les catacombes et les caves,

seuls les temples et puis les tombeaux emprisonnent encore sous leurs joints les vestiges d'une nuit éternelle

où rôde complot et épouvante.

Si l'océan, ce monstre calme, luit tel un miroir sous les feux ; dieu sait combien sous les tempêtes,

dans les vortex et les marées, il remue de roches et de sables, de ténébres et d'inguérissables outrages

aux tables sigillées où un sang inscrit son destin et ses rancunes et ses grandeurs.

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01 février 2015

Elégie pour un astre

 

 

Élégie pour un astre 

 

Toi, ma douce qui règne sur mon cœur ainsi qu'un astre sur l'océan et verse les fols rayons de ta pâleur sur mon âme !

Le vaisseau de ma fantaisie, de ma stupeur et de ma joie chavire au spectacle inouï de la vénusté de ton corps qui se lève lorsque

 je m'endors, et incendie de pourpre et d'or, l'étendue bleutée sur l'orient.

L'empire de ta majesté est tel que lorsque mon esprit cingle après l'empreinte laissée dans mes yeux par l'orbe de ta joie,

tu remues courants et marées emportant mon fier navire loin du point situé dans le ciel, où à ma vigie, tu parus.

Ainsi, transporté nuitamment par le roulement de ta présence, trompé par l'illusion des sens qui m'amène loin d'où tu reviens,

ce voyage me conduit en moi à ma première coquille de noix où je pris la mer avec toi.

 

 

 

 

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03 janvier 2015

Un jour

 

 

 

Partition de doux et d'amer, de fulgurances et de reflets, d'aigus et de sombres harmonies,

de présent de reviviscences, d'épousailles et de résistant...

 

… Ainsi nos sens semblent balancer d'une extrémité à une autre – dans les cinq spectres qui

condensent tous les nuanciers que nos lèvres, nos yeux ainsi que nos oreilles, le nez et l'enveloppe

cerclant cette chair qui palpite en dedans –  nous enfermant parmi les loges d'une conscience aux aguets

entre futur et passé à toujours devoir inventer ce que sera notre destinée.

 

Nous sommes des veilleurs endormis dans un songe de millions d'années qui ne savent rien

d'autre en leurs cœurs hors le désir et la peur que ce jour ne soit le dernier.

 

 

 

 

 

 

 

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09 décembre 2014

Disparition

 

Lointains qui n'ont point de frontières, confins sans feu, joie ni lumière,

Me direz-vous en quelle nuit s'en est allée celle que j'aimais ? 

 

Fol abîme ouvre moi tes ailes pour recevoir ce corps meurtri

Par un trop long et froid silence en ce cachot où je survis ! 

 

L'espérance – mot vide de sens – n'a plus de place en mon esprit.

Mon absence creusera l'espace qu'en t'en allant tu as rempli...

 

Le vide laissé par ta présence tel un fantôme à mes sens

Avides, n'aura forme ni attrait, tu seras là où je serai...

 

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01 décembre 2014

Océanides

 

Filles des flaches, des bois et des villes, nymphes mutines sur la rivière

dont le cours conduit  à la mer, dans la nef parée de cent fleurs et de

milliers d'oiseaux moqueurs....

… Savez-vous sous vos airs savants d'où vient le vent qui vous emporte

suivant où vous voulez aller … ?

 

        … Sur l'océan d'ubiquité ! Nulle part et partout à la fois ! Au milieu

où la vague naît et les courants et les marées...

Sur l'océan vert que sillonne l'étrave d'une barque au rostre tranchant et

qui laisse un sillage blême de deux rails d'écume s'estompant, tels les fumées

de réacteurs d'un supersonic dans le ciel...

Sur l'océan, nuit des abîmes et abîme des nuits où l'homme s'égare quand

ne luit pas l'étoile d'un plus pur diamant au firmament d'une nuit sans lune...

 

Sur l'océan, espace sans nom ! Mer sans lueurs ! Lieu sans patrie !... D'où

j'aime à contempler la vague venant mourir sur le rocher... D'où j'aime

à scruter l'horizon où une fumée trouble ma vision... D'où j'aime à sonder

l'existence d'une autre vie que la surface des choses, des êtres et des mondes

dans le remuement des vortex et des courants renouvelés.

 

 

 

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