Filles des flaches, des bois et des villes, nymphes mutines sur la rivière

dont le cours conduit  à la mer, dans la nef parée de cent fleurs et de

milliers d'oiseaux moqueurs....

… Savez-vous sous vos airs savants d'où vient le vent qui vous emporte

suivant où vous voulez aller … ?

 

        … Sur l'océan d'ubiquité ! Nulle part et partout à la fois ! Au milieu

où la vague naît et les courants et les marées...

Sur l'océan vert que sillonne l'étrave d'une barque au rostre tranchant et

qui laisse un sillage blême de deux rails d'écume s'estompant, tels les fumées

de réacteurs d'un supersonic dans le ciel...

Sur l'océan, nuit des abîmes et abîme des nuits où l'homme s'égare quand

ne luit pas l'étoile d'un plus pur diamant au firmament d'une nuit sans lune...

 

Sur l'océan, espace sans nom ! Mer sans lueurs ! Lieu sans patrie !... D'où

j'aime à contempler la vague venant mourir sur le rocher... D'où j'aime

à scruter l'horizon où une fumée trouble ma vision... D'où j'aime à sonder

l'existence d'une autre vie que la surface des choses, des êtres et des mondes

dans le remuement des vortex et des courants renouvelés.