Élégie pour un astre 

 

Toi, ma douce qui règne sur mon cœur ainsi qu'un astre sur l'océan et verse les fols rayons de ta pâleur sur mon âme !

Le vaisseau de ma fantaisie, de ma stupeur et de ma joie chavire au spectacle inouï de la vénusté de ton corps qui se lève lorsque

 je m'endors, et incendie de pourpre et d'or, l'étendue bleutée sur l'orient.

L'empire de ta majesté est tel que lorsque mon esprit cingle après l'empreinte laissée dans mes yeux par l'orbe de ta joie,

tu remues courants et marées emportant mon fier navire loin du point situé dans le ciel, où à ma vigie, tu parus.

Ainsi, transporté nuitamment par le roulement de ta présence, trompé par l'illusion des sens qui m'amène loin d'où tu reviens,

ce voyage me conduit en moi à ma première coquille de noix où je pris la mer avec toi.