Ô confins des aubes nacrées surgis des abîmes funestes de la nuit glacée et muette... !

Vous portez cette vérité partagée entre le chaos des immensités du sommeil et l'épiphanie d'un soleil

qui monte lentement dans le ciel.

Quand l'astre qui se lève emporte dans les filets de ses rayons, les poissons aveugles des passions

pris au piège d'une course folle, comme des brouillards le matin, trompés par l'ascension du jour et

qui s'évaporent en de fins esprits ruisselants de lueurs...

 

L'ombre se réfugie dans les lacs, les forêts et les souterrains. Seuls les catacombes et les caves,

seuls les temples et puis les tombeaux emprisonnent encore sous leurs joints les vestiges d'une nuit éternelle

où rôde complot et épouvante.

Si l'océan, ce monstre calme, luit tel un miroir sous les feux ; dieu sait combien sous les tempêtes,

dans les vortex et les marées, il remue de roches et de sables, de ténébres et d'inguérissables outrages

aux tables sigillées où un sang inscrit son destin et ses rancunes et ses grandeurs.