Tel le flambeau porté par une main, dans l'obscurité de la nuit où fourmille les têtes d'épingles de feux oubliés et lointains, la flamme surgit d'un sombre nadir et vint explorer les confins où l'homme n'offre qu'un faible sourire aux êtres qui hantent son sommeil...

 

Des figures drapées de leur suaire ainsi que de pâles squelettes défilent en cortège et s'arrêtent laissant échapper un « bonsoir ! »...

Plus loin une vivante nuée d'oiseaux criards et animés des rouges les plus écarlates, des jaunes les plus solaires et des bleus les plus électriques semblent en suspension dans un globe qui se révèle être une cage...

Puis tournant autour d'une vasque d'eau claire, une ronde de femmes tantôt riantes ou graves, tantôt implorantes de leurs bras les cieux où passe une comète, tantôt tournées sur leur passé ou bien regardant devant elles l'avenir, qu'une vieille illustre de son pas lent et tourné cette fois vers la terre... Elles s'évanouissent dans les buées montant des eaux mortes que le froid, en pans diaphanes et légers, font surgir de l'obscurité.

 

Telle est la scène que ce flambeau, descendu là d'où il jaillit du ciel pour la première fois, explora à l'œil ébloui porté haut et clair par la main, le signe d'une sempiternelle fois mêlant abandon et colère.

 

 

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