Parmi les tombes et les ossuaires et dans les souterrains des villes,

sous le sable des lointains déserts, parmi les alluvions des fleuves

courent des os dépareillés, blanchis par le temps, noircis par la lumière,

qui se croisent, se mêlent et chevauchent sans pudeur, sans voix ni conscience, sans fonction

présence ni futur...

 

… Que d'être la mémoire de nos guerres, de nos deuils et de nos souffrances,

que d'être la mémoire de la terre quand plus rien d'autre ne subsiste,

quand plus rien d'autre ne témoigne de ces foules, ces peuples et

ces mondes dont chacun – tel le vrai Bouddha – est l'image éveillée de ceux qui dorment

d'un profond sommeil comme des sables sous les eaux des mers.